« Portrait d’un homme lisant », Dominique Doncre, 1802

Huile sur toile, portrait d’un jeune homme lisant devant un secrétaire, un bras posé sur l’abattant, signéDominique Doncre en bas à droite et daté 1802.

Plusieurs de ses oeuvres sont actuellement  (janvier 2025) exposées au musée Marmottan à l’occasion de l’exposition Trompe-l’oeil et de nombreuses toiles sont au musée des Beaux-Arts d’Arras, dont son autoportrait.

Né à Zegerscappel le 28 mars 1743, Dominique Doncre est un bon exemple d’un artiste attaché à sa province. Il se fixe à Arras dès 1770 où il effectue l’essentiel de sa carrière jusqu’à son décès en 1820.

Dominique Doncre (1743- 1820) domina la vie artistique d’Arras à la fin du XVIII siècle. En 1794 Doncre présida également à la création du musée d’Arras dont il fut le premier conservateur en participant à la sélection des oeuvres.

Le Directoire du district l’avait chargé, le 4 mars 1793, d’estimer les oeuvres d’art provenant des biens saisis des émigrés; le 20 juin il eut à faire un choix parmi les tableaux et oeuvres diverses qui se trouvaient à l abbaye Saint-Vaast.

Les archives départementales du Pas-de-Calais ont conservé les inventaires rédigés par Doncre. Ces derniers témoignent de son goût affirmé pour l’art flamand et hollandais, écho directe de sa formation initiale, probablement anversoise. Sa virtuosité dans l’art du trompe-l’oeil et de la grisaille a parfois conduit à écrire que l’artiste « avait travaillé à Envers auprès de Martin Geeraerts » (1707-1791). Certes, ce dernier donna des leçons à l’académie d’Envers à partir de 1741, mais aucun document ne vient confirmer l’hypothèse que Doncre ait été son élève.

« Après avoir d’abord tenté de se former une clientèle à Saint-Omer, l’artiste ne tardera guerre à rejoindre la ville d’Arras, où venait de s’ouvrir une école de dessin à l’initiative des Etats d’Artois. La capitale de la province semble lui avoir réservé d’emblée un accueil qui répondait à ses aspirations: en 1772 Doncre prête serment de bourgeoisie, avant d’être admis à la confrérie de Saint Luc. Grâce à son introduction dans les milieux aisés de la ville, il réalisera ensuite d’importantes grisailles et décorations murales pour différents hôtels particuliers dont celui du gouverneur d’Artois, le duc de Lévis.

Jusqu’en 1789, il trouva surtout ses commanditaires « dans la noblesse robe locale et plus particulièrement dans le milieu du Conseil d’Artois, parmi la noblesse récente issue des commerçants et hommes d’affaires locaux. De 1780-1785, le jeune Boilly s’est rendu à Arras, appelé par monsieur de Gonzié, afin de réaliser plusieurs portraits. « A-t-il profité des absences relativement longues de Doncre à cette époque pour se faire une clientèle locale? Celle-ci ne l’a toutefois pas retenu lors de son désir de partir s’installer à Paris. Remarquons toutefois que c’est de 1785 que date un des meilleurs trompe-l’oeil de Doncre, qui d’après la tradition aurait donné des cours à Boilly.

« Amené à s’adapter aux circonstances politiques, Doncre put poursuivre sous la Révolution, l’Empire et la Restauration sa carrière de portraitiste local. Cependant si le portrait a constitué la part majeure de son oeuvre, « peinture religieuse, composition décorative, scène de genre forment ensuite plus de tirs restant » de son oeuvre. Sans descendants directs, les oeuvres de Doncre furent dispersées peu après sa mort et l’artiste semble avoir été oublié. En 1853 « l’académie d’Arras mit au concours une biographie de Dominique Doncre avec appréciation des principaux ouvrages qu’il a produits ». En 1868, Constant Le Gentil, un magistrat, publia  un ouvrage biographique Dominique Doncre (1743-1820); ce dernier livre fut enrichi en 1902 par un article de l’érudit Victor Advielle.

Doncre livra le visage de la société d’Arras de la fin du XVIII siècle et du début du XIX siècle. La couverture reprend le trompe l’oeil du musée d’Arras, peint en 1785, une de ses meilleurs oeuvres. Comme l’écrit Anne-Marie Lecoq, « les besicles au verre cassé et le cadre mangé par les vers du porte-lettres de Dominique Doncre, font également parti des procédés utilisés dans les exercises de trompe l’oeil. Mais par opposition à l’idée de pauvreté et de ruine qu’ils font naître dans l’esprit du spectateur, Doncre a glissé dans le porte-lettres sa propre image, celle d’un homme élégant et fier, accompagné de la noble devise : « Ego sum Pictor », « Et moi , je suis peintre ». Si bien que le spectateur ne sais plus comment imaginer le monde autour du tableau, ni le statut social du propriété du porte-lettres ». (Pierre Georget et Anne Marie  Lecoq, La peinture dans la peinture, édition Adam Biro, 1987, p.249).

Hauteur: 86 cm

Largeur: 70 cm

 

 

Avez-vous des questions ?

Avez-vous des questions ?